Il aura fallu deux échanges pour recevoir un diagnostic du trouble borderline. Un rendez-vous d’une demi-heure et un de 20 minutes pour en arriver à une conclusion d’une nouvelle pathologie. Mais, le diagnostic en lui-même n’a pas duré plus de 10 minutes.
Ma question est la suivante : qui sont les psychiatres qui établissent des diagnostics sans réelles demandes, sans dialogues au préalable, sans exprimer la recherche claire d’un trouble ?
Pendant que j’écris ces quelques lignes, je suis encore en état de choc et hors de moi : j’avais repris confiance en la médecine et envers un psychiatre. Mais, j’ai le sentiment d’avoir été dupée.
Diagnostic borderline: les comportements médiocres en médecine
Pour commencer mon processus de guérison après mon burn-out, je trouvais un spécialiste du TDAH pour entamer un diagnostic avec un courrier d’adressage de mon médecin. Pour être tout à fait honnête, je me sentais un peu plus concernée par le TSA. Cependant, le diagnostic proposé par le médecin sur le TDAH ne m’étonnait pas du tout. Il y a tellement de confusion et de ressemblances entre les deux.
C’est avec mon accord que l’on a entamé la série de questions du “DIVA” DSMV. On a échangé autour de ce diagnostic lors de cinq rdv, dont quatre par téléphone, pour pouvoir pallier au fait qu’il manquait de places pour de nouveaux rendez-vous.
Pas de prise de nouveaux patients mais …
Le docteur N. m’a diagnostiquée sans problème, toutefois il ne disposait pas de place pour moi pour un suivi. Pour en savoir plus sur le diagnostic TDAH, mettez l’article dans un nouvel onglet en cliquant là.
Après le diagnostic prononcé, il me laissait dans la nature avec : le bilan, un conseil d’un livre et d’éventuelles thérapies non remboursées et c’est tout.
Séances diagnostiques = plus-value ?
Ce que j’ai ressenti, c’est que le docteur N. s’est tellement débarrassé rapidement de moi que je n’ai pas eu le temps de poser de véritables questions sur le trouble. Pour finir le rendez-vous plus vite, il place ses phrases de prise de congé rapidement dès qu’un blanc se présente dans la conversation, peu importe si ça faisait juste 5 ou 10 minutes qu’on avait commencé à parler. L’écoute est quasi absente.
Tentative de suivi
Quelques jours après, je prends de nouveau un rendez-vous sur Doctolib. J’avais énormément de questions suite au diagnostic. Seulement, il y a eu un petit couac à cause des différents cabinets, et j’ai vu que le rendez-vous a été annulé au dernier moment.
J’appelle alors le cabinet pour expliquer mon cas et reprendre un rendez-vous : on me dit que ma chance était d’avoir un rendez-vous d’ici une heure le jour même.
En mode panique, j’enclenche le turbo pour me préparer et entamer le chemin à pied puisque je n’ai pas une tune pour prendre les transports en commun.
Avoir un rdv = pépite d’or
Je savais que j’avais “la chance” d’avoir un rendez-vous alors je fonçais jusqu’au cabinet où je suis arrivée en sueur pour être à l’heure. Le coup de stress ne voulait pas descendre et quand le docteur m’a reçu dans son cabinet, il m’a dit que j’avais surtout un problème d’anxiété en me regardant avec de grands yeux pendant que j’étais stressée par toutes les questions que j’avais à lui poser.
Une fois dans son cabinet, je brise la glace en disant : “J’ai vu le rdv annulé, j’ai cru que vous ne vouliez pas me voir.” C’était sur un ton que je pensais ironique (notez cette info, elle est importante pour la finalité).
Le manque d’écoute
Ensuite, je pose des questions sur le diagnostic, sur le TDAH, je commence à parler mais je sens qu’il ne m’écoute pas réellement. Je me dis que le psychiatre a peut-être lui-même un TDAH, et qu’il est sans arrêt dans l’urgence.
J’ai expliqué maintes fois aux médecins que le “problème” était mon instabilité professionnelle et le fait de sauter d’une expérience à une autre. Comme je m’ennuyais rapidement, ce qui peut m’empêcher d’avoir une stabilité financière ou de mener des projets.
Mais, avec ma psychologue en parallèle, on désacralise “l’aboutissement” et le fait de vouloir entrer dans une certaine norme.
Envoi vers un autre psychiatre
Il répond partiellement à mes questions et me donne les coordonnées d’un autre médecin psychiatre qu’il connaît. Et, il sait que ce médecin peut prendre de nouveaux patients pour un suivi. Il me parle de gérer en priorité le trouble anxieux et me fait le courrier d’adressage.
Jusqu’ici c’est ok. Je ne remets pas du tout en cause ce qu’il dit, c’est plutôt la façon de traiter les gens qui me gêne. Malgré ce comportement qui est déjà très limite, je ne mets pas en doute mon diagnostic du TDAH parce que voilà cinq ans que je me doute que ce trouble existe chez moi, et potentiellement d’un TSA (qui, celui-ci, n’est pas diagnostiqué).
Après avoir fait son papier, il s’est empressé de me raccompagner vers la porte au bout de moins de 20 minutes. Je sors en étant à moitié en larmes et dans la confusion la plus totale…
Le domaine de la santé mentale ou la fast médecine
Le domaine de la médecine mentale, aujourd’hui, c’est un fast-food géant où personne n’a le temps de considérer l’être humain mais d’encaisser un maximum d’argent.
Nous ne sommes plus des êtres humains, mais des numéros de sécu à qui coller des ordonnances. Je dis ça pour ce domaine-là, mais je sais que c’est aussi beaucoup le cas de manière générale.
Des séances médicales de 5 minutes
Je me souviens d’un médecin, quand j’étais petite, qui ne prenait pas plus de cinq minutes par patient, qui fumait comme un pompier dans son cabinet et qui ne prenait JAMAIS de rdv. Résultat : on attendait pendant des heures dans la salle d’attente pour avoir une consultation de 5 minutes probablement erronée 8 fois sur 10. J’ai vu ce même médecin bien plus tard venir sur mon lieu de travail et sortir des liasses de billets énormes et rouler dans un quatre-quatre Porsche…
Apparemment, la santé est un domaine dans lequel certains font réellement ce métier uniquement pour faire de l’argent.
Complémentaire santé solidaire = pas assez rentable
Je précise que je suis titulaire de la complémentaire santé, qui, je trouve, est formidable en France pour se faire soigner. Toutefois, j’ai remarqué que les médecins n’aiment pas ce statut de manière générale.
Il y a plus d’un an, je cherchais de façon acharnée un/une dentiste qui s’occuperait de me prendre en charge pour soigner une dent que je perdais à cause d’une carie. J’ai essuyé beaucoup de refus en annonçant ma CSS. La réponse générale que j’ai eue était : “Nous ne travaillons pas avec ce type de matériaux qui sont remboursables…”
Je pense que ça peut expliquer les comportements des médecins envers moi parfois. Ça ne les excuse pas mais je pense que ça peut expliquer les comportements hâtifs et rapides, parce que je ne fais pas partie des patients qui rapportent de l’argent. Ce n’est que mon opinion, cela dit.
Premier rendez-vous chez un nouveau psychiatre
Lors de ce premier rendez-vous où j’étais dans une angoisse terrible (parce qu’encore rencontrer un nouveau médecin), je suis arrivée comme à mon habitude avec des lunettes de soleil dans la salle d’attente. Je fais ça pour me protéger de la lumière des néons qui est vraiment forte.
Lors de ma rencontre avec le docteur K, il me pose beaucoup de questions et me paraît fort sympathique, alors je commence à m’ouvrir. Nous passons une demi-heure ensemble et il me rassure en me disant que je subissais mon anxiété et que ce n’était pas de ma faute. Sa proposition est : un suivi et pour l’instant on ne parle pas de médicaments.
Sur la fin de la séance, il commence à me parler des dépassements d’honoraires, et je lui dis que je suis à 100 % avec la complémentaire santé solidaire, sa secrétaire m’avait précisé qu’il n’y aurait pas de dépassements. Il me dit qu’en effet je n’aurai rien à payer de ma poche, donc je suis rassurée. Nous notons un autre rendez-vous trois semaines plus tard.
Soulagement d’être enfin écoutée
Entre-temps, j’en parle à ma psychologue qui trouve que c’est assez rare et elle me dit qu’elle est contente pour moi d’avoir trouvé quelqu’un qui pouvait m’écouter et me donner cet espace de soutien.
Les jours passent, et j’arrive à mon deuxième rendez-vous en étant particulièrement fatiguée, en plein syndrome prémenstruel. Ayant été un peu contrarié par beaucoup d’autres événements au cours du mois, c’est franchement pas le meilleur moment pour moi. Ni même le meilleur jour pour parler à quelqu’un.
Comme à mon habitude, je suis dans la salle d’attente lunettes de soleil sur le nez. Le médecin vient me chercher avec 10 minutes de retard (rien d’alarmant).
Une évaluation légère du trouble état-limite
En arrivant dans son cabinet, je le sens beaucoup plus fermé et froid que la dernière fois. Je n’ai pas le temps de m’asseoir et il dit : “Que puis-je faire pour vous ?”
Visiblement, il ne se souvenait pas de moi. Alors, je lui rappelle ce qu’on s’était dit la dernière fois et il me dit : “J’ai votre dossier, c’est bon.”
Pour continuer, il me demande comment je vais depuis la dernière fois. Je lui décris alors ce que je vis, et je lui explique aussi que mes humeurs changent en fonction de mon cycle (mais j’oublie de préciser cycle menstruel, je me demande si ça joue 🫠).
Diagnostic borderline: verdict
Il commence à me poser des questions. De 5 à 8, ça m’a paru être plutôt cinq questions rapides.
Seulement au bout de 10 minutes de rendez-vous, il me “pose une évaluation” et me parle du trouble borderline. Il me met un livre sous le nez et il me dit que c’est probablement des traumatismes qui ont amené ce trouble chez moi (je précise que je n’ai pas eu le temps de lui parler d’éventuels traumatismes). À ce moment-là, je suis choquée.
Extrait de notre dialogue :
— Qu’est-ce qui vous amène à ce diagnostic ? On s’est vu deux fois ! lui dis-je sur un air interrogatif et choqué.
— Les questions que je vous ai posées sont les questions liées au diagnostic. Et c’est vous qui me racontez votre souffrance, c’est pas moi. Moi je ne suis pas vous. Et, puis je connais bien le docteur N., je connais bien le TDAH, j’exerce au CHU, je pose aussi des diagnostics…
(C’était censé me rassurer ?)
— Voilà, le livre propose des exercices dedans, dit-il en se levant et en cherchant le fameux livre dans son meuble.
— Mais, avant de faire des exercices, faudrait peut-être que je sache ce que c’est le trouble borderline.
— Je vous laisserai une documentation dans votre espace Doctolib.
Les médecins ont aussi des biais cognitifs
Je suis restée sur le c** après une annonce pareille, et mon esprit critique s’est mis en route sur le champs.
Ce diagnostic me paraît être un bullshit pas possible malgré les compétences du docteur K. Je lui explique que je doute de son diagnostic et j’en pleure parce qu’un tel comportement me paraît très violent. Je ne savais même pas qu’il suspectait ce trouble et qu’il était en train de me sonder.
La supposition à cause des lunettes
Il ne m’explique pas une seule caractéristique du trouble, mais en revanche il me pose une question :
“Pourquoi vous portez des lunettes de soleil dans la salle d’attente ?”
Je me suis alors expliqué en lui disant :
“C’est parce que les put**** de néons dans la salle d’attente me défoncent les yeux.” L’hypersensibilité sensorielle ne m’aide pas à ce niveau. Je dois me protéger des néons, car je risque la migraine ophtalmique et une grande fatigue.
La supposition grave et la méconnaissance de l’hypersensibilité sensorielle du médecin
Sa réponse : “Ah pardon, c’est moi… Mais, je pensais que vous craigniez d’être reconnue.”
Moi : “Non, je m’en fous ! Je déteste les salles d’attente, je n’aime pas attendre et il y a toujours des lumières horribles dans ce genre d’endroits. Si j’arrive avec les lunettes et mes écouteurs, c’est pour me protéger sensoriellement. Et, pas pour éviter qu’on me reconnaisse ! Je me moque de rencontrer Pierre, Paul, Jacques ou Jean-Michel dans les couloirs…”
À ça, je rajoute :
“Ce n’est pas un plaisir de venir ici. Mais, si c’est pour améliorer ma vie, je prends sur moi et je le fais !”
Sur ces dernières paroles, il me dit qu’on se verra dans un mois et qu’il me laisse la documentation sur le trouble dans mon espace en ligne. Il me pousse vers la sortie, alors que je suis choquée et en larmes (une finalité qui semble familière aux cabinets des psychiatres, finalement).
Douleur et doutes après ce diagnostic du trouble borderline hâtif
Je repars de ce rendez-vous en colère, triste et choquée du manque d’empathie. Troublée parce que j’ai l’impression d’avoir vu un médecin totalement différent de la première fois, je me sens assommée.
Je pense réellement qu’il ne s’attendait pas à ce que je remette en doute sa parole et son évaluation.
Une fois rentrée chez moi, je suis déboussolée et toujours en colère. Mon chéri essaye de me calmer sans réel succès. Je commence alors mes propres recherches sur le trouble, parce que vous vous doutez bien que je n’ai eu aucune documentation dans mon espace Doctolib.
Je fais mes recherches. En effet, certains traits sont semblables à ceux du TDAH, ce qui peut amener une confusion. Mais, au final, pas une seule confusion…
Le trouble borderline, c’est quoi et quels sont les critères du diagnostic ?
Le danger, c’est qu’on confond facilement tous ces différents troubles : borderline, bipolaire, TDAH, SPM (syndrome prémenstruel), TDPM (trouble dysphorique du syndrome prémenstruel).
Pour cause, on trouve à chaque fois une forte dysrégulation émotionnelle.
Quelles sont les caractéristiques du trouble borderline ?
Si on regarde le site du Manuel MSD pour les professionnels et le grand public, on regroupe ces caractéristiques :
- hypersensibilité dans les relations interpersonnelles
- des fluctuations d’humeurs extrêmes et rapides
- changements fréquents de l’image de soi
- impulsivité
- sentiments persistants de vide
- des efforts désespérés pour éviter l’abandon (impossibilité d’être seul.e)
- des pensées paranoïdes temporaires ou des symptômes dissociatifs graves déclenchés par le stress
- une colère intense inappropriée et une difficulté à gérer la colère
- automutilations et pensées suicidaires
Voilà quelques extraits de la fiche du trouble sur le site qui m’ont sauté aux yeux.
Des phrases qui me rappellent qu’à certains moments, j’aurais pu laisser penser que, et d’autres qui me disent que je n’ai pas du tout ce trouble.
« Elles peuvent croire qu’un rendez-vous annulé signifie que l’autre les rejette et qu’elles ne valent pas la peine. » (lien avec le premier rdv psychiatre, voire plus haut, et encore une probabilité de confusion).
Je ne comprends même pas comment j’aurais pu exercer comme coach de vie dans ces conditions.
Voir ce site pour plus d’informations sur le trouble.
Les suppositions à propos des troubles mentaux
Je comprends pourquoi certains de mes dires ont pu être interprétés et associés à ce trouble : bien sûr, je suis hypersensible et mes émotions sont intenses et j’ai des difficultés à les réguler (surtout en SPM).
Mais, ce qui est plus grave, c’est que ma protection sensorielle n’ait pas été comprise ni même vérifiée avant qu’on fasse des suppositions.
Je suis sûre de moi, après avoir effectué plusieurs recherches, que je n’ai pas ce trouble. J’ai peut-être d’autres problèmes, un syndrome post-trauma non traité, de l’auto-sabotage c’est certain.
J’ai expliqué que mon image de moi pouvait uniquement changer après avoir vu que je devais changer de projet et que ça pouvait créer une baisse d’estime de moi.
Impulsivité = diagnostic erroné
Quand j’ai répondu aux questions, je me doute que j’ai répondu un peu vite sans vraiment comprendre. Il s’agit d’un trait d’impulsivité lié à l’anxiété, ce sont des traits du TDAH qui m’ont amené à la confusion. J’ai répondu vite à des questions rapides et, sans le vouloir, je suis entrée dans son diagnostic.
Mais, j’ai le sentiment qu’il n’a pas écouté mes réponses. Je ne ressens jamais un vide en moi, mais je m’ennuie vite quand j’ai fait le tour d’un sujet. J’ai tenté d’expliquer tout ça pendant mon rdv, aussi court qu’il ait pu être.
Ce diagnostic a été posé très hâtivement, trop rapidement, sans véritable écoute et approfondissement de la recherche des symptômes. Les traits de ma neuroatypie se sont retournés contre moi face au médecin.
Aujourd’hui, j’ai ce sentiment puissant d’injustice, parce que ce genre d’expérience et de pratique me paraît très dangereuse.
Mon avis : grosse confusion d’évaluation du trouble borderline (état-limite)
L’ère dans laquelle nous vivons est effrayante. Mais, je crois qu’en médecine ça dure depuis un moment. Nous sommes trop peu, voire presque jamais véritablement écoutés, et ça c’est un phénomène de société grave qui n’ira pas en s’arrangeant. Trop peu de médecins pour énormément de patients. Les gens sont de plus en plus mal et ont énormément besoin de soutien psychologique et mental, plus grand monde n’arrive à s’adapter dans le monde dans lequel on vit…
Dans le domaine de la santé mentale, il faut alors faire toujours plus vite : de la fast médecine, comme on consomme tout et n’importe quoi dans cette société effrénée.
On tâtonne
La médecine a encore beaucoup trop de retard, manque de formations, manque de moyens. Beaucoup de zones sont encore dans l’ombre et il faut bien essayer d’aider les personnes malgré tout.
En voulant faire malgré les manques, trop de médecins se voient dans l’urgence de poser un diagnostic.
Et, cependant, aussi en étant confirmé par leurs propres biais (lunettes de soleil : croyance que c’est pour pas être reconnue/ contact avec l’autre médecin qui n’avait pas compris ma vanne et l’avait prise au sérieux).
Ce sont des êtres humains et donc ils peuvent aussi faire des erreurs et ils jugent les gens, c’est comme ça.
La santé mentale des femmes
Le psychiatre ne m’a jamais demandé à quelle période de mon cycle menstruel j’étais et ça devient un véritable problème car aujourd’hui on sait que c’est important.
Errance médicale
On sait aujourd’hui que le TDAH et le syndrome prémenstruel sont largement en lien et n’aident pas à la régulation de l’humeur (voir article). Mais, par contre il y a beaucoup de retard sur la santé féminine, et surtout quand il s’agit de santé mentale. Les professionnels de santé ne sont pas assez formés.
Errance diagnostique
Pour une femme, il n’est pas banal de souffrir de manque d’écoute lors d’une séance, ce qui crée une méfiance. L’errance médicale est donc trop présente. Les sous-diagnostics, les erreurs, la méconnaissance, le manque de reconnaissance du fonctionnement féminin : tout ça amène souvent à une sensation d’incompréhension profonde et à beaucoup de difficultés à se faire correctement soigner.
Avis sur les troubles : l’égo des médecins
Je pense que les médecins que j’ai rencontrés ont littéralement la science entre leurs mains. Ils ont des compétences certaines mais, selon mon opinion, le statut social de médecin gonfle l’ego.
Dans la réaction de monsieur K, j’ai bien vu une défense de son ego piqué quand j’ai remis en cause son diagnostic. Il m’a parlé de sa situation et de son expertise et non des symptômes du trouble, ou de ce qu’il a constaté chez moi qui se rapporte aux symptômes. Et ça, c’est un véritable problème de comportement professionnel.
Comme patiente, je m’interroge et c’est son rôle de me répondre. Je suis peut-être encore trop naïve de croire que les psychiatres sont dans la capacité de mettre leur ego de côté pour rester de bons professionnels. Mais, évidemment, on ne peut pas mettre tout le monde dans le même panier.
La complémentaire santé laisse à désirer
Mon profil est un profil que les médecins ne veulent pas voir : c’est une réalité. Je précise quand même que je ne connais pas les détails financiers de ce statut. Pourquoi les médecins ont tant besoin de rentabiliser chaque séance ? Je n’en sais rien. J’ose croire que ce n’est pas simplement pour s’acheter une belle voiture. Mon statut social avec les séances totalement prises en charge et n’autorisant pas les dépassements d’honoraires n’est pas du tout sexy pour les pros.
Alors, je me demande carrément si le changement de comportement entre le premier rdv et le deuxième n’était pas dû à ça. Mais ça, c’est moi. Je ne pense pas forcément que tous les comportements à mon égard sont volontaires et que mes suppositions sont bonnes. Je m’interroge simplement.
Vérification
Je ne suis pas bornée, je me fais confiance mais je demanderai un deuxième avis. Cependant, je condamne quand même la vitesse à laquelle on peut poser un diagnostic de santé mentale. Il est grave de se tromper quand on pose un diagnostic quel qu’il soit. Peu importe la spécialité, l’errance médicale amène à bien plus de souffrance. Je ne veux donc pas donner tout pouvoir à un seul avis.
Il serait quand même temps que la médecine occidentale s’inspire de ce qui fonctionne ailleurs et aille vers une approche plus holistique.
Les dernières précisions
Après avoir parlé à ma psychologue de cet incident, elle considère elle aussi que ce diagnostic était hâtif et potentiellement dangereux.
Tout en continuant les recherches de mon côté, j’ai réalisé plusieurs tests, dont celui du RAADS-R pour s’autoévaluer sur le trouble autistique. Les scores et les suspicions m’amènent à aller consulter pour évaluer ce trouble avec un autre médecin.
La recherche du bon diagnostic et d’une personne compétente est longue et fastidieuse. Mais, quelque chose me dit que je suis sur la bonne voie.
Ce qu’il faut retenir pour un diagnostic en santé mentale :
- Se faire confiance et ne pas donner tout le pouvoir à un seul diagnostic
- Les médecins sont des humains avec leurs propres biais cognitifs
- Garder son esprit critique, un trouble ne nous définit pas entièrement
Les ressources qui m’ont aidé à écrire cet article
Les articles :
- Trouble de la personnalité limite : manuel de santé
- Santé mentale, une affaire de femme
- Santé des femmes et mésinformation
- L’autisme souvent diagnostiqué à tort comme un trouble de la personnalité borderline
- https://reachlink.com/fr/conseils/troubles-du-spectre-autistique/lautisme-diagnostique-tardivement-chez-les-femmes-a-quoi-cela-ressemble-t-il/
Instagram page de psy :
Laisser un commentaire