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37 ans, pas mariée et pas d’enfants

Un bilan d'introspection d'une femme de 37 ans

Je viens d’avoir 37 ans et je ne suis ni mariée, ni maman. J’ai découvert ces dernières années des choses essentielles sur moi et des carcans invisibles qui me pesaient. Voilà dans cet article un bilan de ce que j’aurais aimé savoir avant en tant que femme.

Bilan anniversaire et ce que j’aurais aimé savoir avant

En faisant ce bilan pour mes 37 ans, je réalise que j’ai appris beaucoup plus de choses à partir de mes 30 ans. Ne serait-ce pas finalement, à ce moment-là, que ma vie a vraiment commencé ?

1/ Le TDAH féminin est sous diagnostiqué mais il reste un handicap

Ce constat malheureux, je l’ai fait ces six dernières années : le TDAH existe chez les femmes mais il est trop souvent pris à la légère, il n’est pas ou très peu visible de l’extérieur. Les diagnostics sont fréquemment réalisés par des hommes et pour des hommes avec des bilans conçus à partir de caractéristiques observées chez les sujets masculins.

Depuis peu, on avance légèrement sur le sujet et les séances commencent à peine à être « adaptées » au diagnostic féminin, néanmoins nous avons un retard considérable sur cette partie.

Photo arrière plan : Guohua Song – Pexels
Photo premier plan : Céline Nicolini – filtre Canva

De manière générale, on dit aux femmes qu’elles “exagèrent” sur les explosions émotionnelles et dans leurs réactions (et ça même entre elles). Et cela mène à une errance qui peut durer des années en ayant en prime de fortes probabilités de faux diagnostics. Rien que cette difficulté-là peut créer un véritable handicap puisque les femmes n’ayant pas les bonnes solutions sont plus susceptibles de se dévaloriser et de créer une véritable mésestime de soi.

L’hypersensibilité émotionnelle et sensorielle est mal comprise, mal vue, mal accueillie et même souvent oubliée. La dysrégulation émotionnelle, c’est encore pire.

Pourquoi c’est un handicap ?

L’invisibilité du trouble et le fait d’avoir masqué pendant des années en essayant de s’adapter à un cadre qui ne nous correspond pas, on a tendance à minimiser le handicap du trouble du neurodéveloppement. On trouve dans les difficultés de parcours et au quotidien :

  • La fatigue sensorielle
  • La concentration aléatoire
  • La procrastination
  • Les oublis
  • L’hyperactivité motrice et/ou mentale
  • Devoir refaire les mêmes gestes plusieurs fois pour avoir le résultat voulu (Prendre rdv 2 ou 3 fois chez le médecin pour refaire la même ordonnance à cause des pertes et des oublis)
  • Ne pas supporter de rester dans un seul emploi trop longtemps
  • Avoir des hyperfixations
  • Être dispersée dans les tâches
  • Avoir des sessions hyperfocus impossibles à arrêter quitte à repousser la faim
  • Avoir du mal à terminer une tâche

Tous ces points et, de manière générale, les caractéristiques du TDAH peuvent créer un besoin d’environnement adapté pour pouvoir fonctionner, travailler sans aller à l’épuisement ou pour éviter des situations sociales complexes et/ou maltraitantes. En ce qui me concerne, je comprends que le TDAH + la migraine, a été un réel handicap toute ma vie et que j’étais dans le déni la plupart du temps.

Certains contenus affirment que le TDAH n’est pas forcément un handicap. Je pense que cela dépend énormément de l’environnement dans lequel on évolue. En général, si un trouble ne crée pas de problème, c’est qu’il n’y a pas réellement de trouble.

Un médecin psychiatre en blouse blanche
Photo : Cottonbro studio – pexels

Attention, la liste ci-dessus ne constitue pas les éléments pour réaliser un diagnostic. Si vous avez des doutes, consultez un(e) psychiatre spécialisé(e).

Ce que je nomme ici, c’est sans compter les variations lors du cycle hormonal, dont je parle dans l’article Cycle et TDAH.

2/ Mon cycle féminin est le centre de mon énergie & la pilule contraceptive me faisait déprimer

Mon corps est hypersensible et j’ai des variations hormonales intenses, alors je dois suivre et tracker mon cycle, comme je le dis dans mon article sur le cycle menstruel en lien avec le TDAH (lien au-dessus).

Par conséquent, mon énergie fluctue en fonction de ce cycle. Ça ne veut pas forcément dire que j’organise tout mon planning à partir de celui-ci, mais disons que je peux prédire l’énergie qui sera disponible selon la période et comment vivre mes phases. Je peux aussi faire attention à mon alimentation et à une pratique sportive adaptée.

Photo : @afloimages – Canva

Avant d’accepter cette nature cyclique, j’attendais de moi une performance constante et stable : c’est contre nature. La volonté de constance dans la performance est absurde.

La prise de la pilule contraceptive pour moi, c’était une erreur. Elle amplifie mes migraines et elle accentue souvent mon syndrome prémenstruel. Il existe d’autres moyens de contraception qui sont plus adaptés pour éviter ces effets secondaires.

3/ Enfanter n’est pas une priorité, et c’est ok

La pression sur la conception d’enfant est réelle. Elle est même acceptée de façon inconsciente.

Toutes les réflexions reçues en ce sens par les proches qui passent pour des phrases normales sont le résultat d’une pression héréditaire. Pour beaucoup de femmes, faire un ou plusieurs enfants est déjà un objectif de vie important. Je respecte ce choix mais je me suis demandé plusieurs fois si c’était le mien.

Un test de grossesse entre les mains d'une femme. C'est le bilan d'une femme de 37 ans qui n'a pas d'enfants.
Photo : @afloimages – Canva

Les couples conçoivent des enfants de plus en plus tard et ce n’est pas qu’une histoire de volonté, c’est aussi une histoire de société et de précarité. Les conditions sont beaucoup plus difficiles pour vivre de son travail aujourd’hui comparé à l’époque de nos parents.

Parler avec une sage-femme du désir d’enfant

Ne pas avoir d’enfant passé 35 ans n’est pas dramatique et ça, j’ai dû le faire comprendre à mon corps. C’est parce que nos programmations internes peuvent nous faire croire qu’il y a urgence à procréer.

Ce qui m’a aidé à dédramatiser le sujet, c’est de discuter avec ma sage femme qui me fait mes consultations gynécologiques. Il faut bien comprendre que chaque cas est différent et que cela dépend énormément du corps.

4/Bye bye le/la gynécologue

Photo : Tima Miroshnichenko
Pexels

Le suivi gynécologique peut être fait par une sage-femme libérale et devinez quoi : c’est pris en charge et on n’attend pas huit mois pour avoir un rendez-vous. J’ai vécu mes premières séances de gynécologie totalement normales, respectueuses et saines en passant par une libérale.

Savez-vous que les sages-femmes demandent votre consentement avant de vous manipuler ? La première fois que j’ai vécu une consultation avec respect du consentement, c’était en 2025. C’est tellement plus sain que je n’ai plus le stress d’aller consulter depuis.

5/ Sortir de la posture de sauveuse et penser à ses propres désirs

Un cadre misogyne étant à l’origine, on a connu et on connait encore bien souvent la femme qui gère tout pour les autres et qui ne vit jamais pour elle. On a intégré depuis longtemps qu’elle est en charge des tâches ménagères et qu’elle est celle qui est à l’écoute de chacun.

C’est alors qu’inconsciemment, en tant que femme, on finit par incarner une posture d’aidante ou de soutien. Dans cette posture de celle qui régit les problèmes de tout le monde tout en minimisant ses propres désirs.

Le sacrifice inconscient féminin

C’est un schéma qu’on nous a inculqué depuis des générations entières. Mais il est vrai qu’une femme, même quand elle ne le veut pas, se retrouve inconsciemment à retourner dans cette spirale infernale.

La misogynie a depuis le temps créé un inconscient collectif puissant et déconstruire cet inconscient demande du temps et un effort considérable. Ainsi, s’exprimer, s’imposer et porter nos désirs véritables en tant que femme devient une lutte intérieure et extérieure.

Alors si on décide de changer, on peut vite être perçu comme égoïste.

Le bilan des priorités

Finalement pour ma part, il a fallu que je questionne ma posture d’aidante. Comme coach, mon désir était “d’aider les autres”. Aujourd’hui, je ne veux plus me focaliser sur cette posture, je veux penser à mon désir personnel avant d’aider les autres.

(Attention, je ne dis pas que vous faites le mauvais choix si vous êtes dans une posture d’aidante, mais le questionner peut être utile. Je comprends que votre désir soit aussi d’être dans cette posture depuis toujours.)

Apprendre à se demander ce que l’on veut vraiment sans entrer dans un “second rôle”, c’est un des challenges les plus difficiles que j’ai rencontrés. Cela signifie : oser avoir un réel désir purement égoïste, qui n’est qu’à soi, qui n’existe pas qu’à travers les autres. Et ce désir ne correspond à rien de ce que l’on attend de moi.

Photo : Travelarium – Canva

Pour aller vers ce désir, je ne pouvais pas attendre de me sentir légitime. Je suis une femme et par conséquent, je pense que j’aurai toujours beaucoup de difficultés à me sentir légitime. C’est presque ancré dans mon ADN. Le sentiment de légitimité est un fantasme. En revanche, je peux choisir de porter mon rêve créatif malgré tout.

6/ Soigner son rapport à l’argent avec un TDAH

Sortir du découvert bancaire, ça a été un long périple et ça m’a demandé une rigueur qui demande beaucoup d’énergie, mais également j’ai dû en faire ma priorité.

Photo : @towfiqu – Canva

Le découvert, c’est un véritable phénomène de société. On parle de 24% des Français qui sont dans le rouge tous les mois selon un article RTL.

Pour pouvoir en sortir, arrêtons d’avoir honte, car dans cette situation, la personne à découvert n’est pas la seule responsable. Il est important d’avoir conscience que la société nous pousse vers le crédit en continu : achat avec carte Sofinco ; Cetelem ; achats différés. Les solutions de paiements en plusieurs fois sont de plus en plus présentes.

Le concept du paiement différé ou de devoir rembourser est difficile à intégrer, et d’autant plus quand on a un trouble du neurodéveloppement comme le TDAH. Et en parler, c’est déjà un premier pas vers les potentielles solutions.

Mon bilan de femme à 37 ans : le choix de ne plus ignorer son problème financier

Je vous cache pas que ça a été largement déprimant mais aujourd’hui je suis fière de me dire que j’ai réussi et que je ne veux plus de découvert. C’est trop dangereux pour moi, personnellement, je le sais.

Il m’est impossible de comprendre et d’intégrer que cet argent n’est pas à moi, alors je suis dans l’obligation de prendre des mesures radicales, pas de découvert autorisé, pas de dépassement : POINT.

Il en est de même pour les paiements en différé et les crédits à la consommation. Non seulement c’est un danger pour les gens de manière générale, mais d’autant plus quand tu as 70% de chances d’oublier que tu vas avoir des mensualités et que tu as une très mauvaise notion du temps. De plus, les achats impulsifs peuvent entrer dans une forme d’addiction qui est étroitement liée au trouble.

Gestion financière stricte

Se faire aider pour retrouver de la clarté dans sa gestion financière n’est pas un luxe, c’est nécessaire. Mais, il est également crucial de tenir les comptes dans le temps. Je sais à quel point c’est une corvée.

Pour ma part, j’ai une journée consacrée à ça tous les mois avec le logiciel Notion qui donne des templates pour faire des calculs automatisés. Le fait que ce soit automatisé ne m’oblige pas à me torturer le cerveau chaque mois. Il faut juste que je rentre les valeurs et que j’estime l’argent dont j’ai besoin, les différentes charges.

Privilégier les économies aux crédits

Faire des économies, c’est réellement un savoir et j’ai dû l’apprendre. Mon impulsivité est mon ennemie sur ce point, alors il faut mettre en place des stratégies pour ne pas les voir et ne pas y accéder facilement.

Mais, de façon générale, je pense qu’il est plus sain de se dire que pour acheter quelque chose que je veux vraiment : j’économise au lieu de contracter un crédit. C’est difficile mais c’est plus sécurisant. Même si j’arrive à mettre de côté la moitié de la somme pour mon achat, alors c’est une part de paiement différé en moins.

L’idée n’est pas de tomber dans l’autre extrême, toutefois, de trouver un équilibre pour une meilleure santé financière. On dit que « l’argent ne fait pas le bonheur », cependant la mauvaise santé financière peut littéralement tuer notre sécurité, notre place dans la société. Elle nous frustre, elle peut tuer notre vie sociale et elle peut nous créer une véritable dépression. La santé financière va de pair avec la santé mentale. Votre argent, c’est votre énergie, alors pensez à ne pas le gaspiller mais ne le stockez pas à l’excès non plus.

L’argent doit rester un moyen, un outil et non pas un objectif en soi. On ne doit pas le sacraliser comme on ne doit pas le sous-estimer ou le dévaloriser. Tout est toujours une question d’équilibre.

Travailler mon rapport à l’argent m’a aidé à prendre les choses en main pour moi et à avoir une gestion beaucoup plus saine et plus ancrée.

Comprendre comment fonctionne l’argent, c’est comprendre le système

Quand on prend du recul, on s’aperçoit que la construction du bonheur qu’on nous vend depuis toujours (construction de sa famille, faire un crédit pour acheter une voiture, acheter sa maison, avoir un bon travail, etc.) est faite pour nous rendre dociles au travail et pour qu’on soit toujours dans l’obligation de gagner plus d’argent.

On nous fait croire à une sécurité à coup de crédit immobilier et d’objets accumulés dans nos espaces. Ensuite, nous avons droit à des doses de dopamines à travers les réseaux sociaux ou la télévision. Peur + dopamine et une forme de confort = endormi et docile.

La plupart des personnes survivent au lieu de vivre et c’est littéralement à cause de cette cage dorée.

7/ Mon intuition est fiable et je sais enfin la reconnaître

Savoir faire la différence entre mon intuition et mon mental, ça été difficile. La peur, les croyances nous rattrapent tellement fort et vite que l’intuition est à peine perceptible. L’anxiété amène un mental envahissant alors que l’intuition elle, passe par le corps.

C’est pourquoi on utilise en spiritualité les cartes, le pendule, ou encore l’écriture manuscrite : parce que ça passe par l’énergie corporelle.

Photo : Céline Nicolini

Comment on reconnaît l’intuition ?

Pour reconnaître mon intuition, j’ai dû redescendre dans mon corps. C’est beau dit de cette façon mais tant que vous ne le vivez pas, c’est un concept difficile à comprendre.

Le yoga, le sport, la marche sont d’excellentes méthodes pour redescendre dans le corps et être moins dans le mental. Pour une personne anxieuse, c’est alors une véritable question de survie. Les activités qui aident à canaliser le mental sont nécessaires, mais également scanner son corps et ses ressentis.

Deux mots pour mieux le résumer : bouger et ressentir. Être dans le corps, c’est s’autoriser à lâcher les émotions, comprendre ses besoins en suivant ses ressentis, débrancher l’esprit de logique.

Le corps réagit en fonction des émotions et c’est précisément ça qui aide à développer l’intuition. Une connaissance approfondie de ses émotions est peut être le point de départ pour différencier intuition et mental.

Ce que je retiens de ce bilan

La sensation que j’ai depuis ma date d’anniversaire, c’est que je me fous complètement de mon âge. Je me sens capable, malgré mes paradoxes internes, de suivre mes envies et mes rêves. Au final, peu importe les cadres, les conventions ou même ce que l’extérieur souhaiterait pour moi.

Récapitulatif de l’essentiel

  • Considérer mon handicap pour la suite
  • Continuer à respecter mes cycles
  • Enfanter n’est pas la priorité
  • Passer par des sages-femmes libérales pour un suivi gynécologique
  • Porter ses désirs et son rêve, s’autoriser malgré mes paradoxes
  • Prendre soin de ma santé financière très régulièrement
  • Faire de mon mieux pour faire confiance à mon intuition

Les ressources utiles


  • Est-il possible de s’émanciper du système ?
    Au-delà des difficultés budgétaires, il y a cette petite attache mentale qui veut nous faire revenir dans le système. Cette attache, c’est notre propre dualité et toutes les croyances limitantes qui nous ont construits. Alors, comment s’émanciper du système aujourd’hui ? C’est la question que je me suis posée.
  • 37 ans, pas mariée et pas d’enfants
    Je suis une femme, je viens d’avoir 37 ans et je ne suis ni mariée, ni maman. J’ai découvert ces dernières années des choses essentielles sur moi et des carcans invisibles qui me pesaient. J’ai écris cet article qui est dédié à toutes les femmes. Voilà un bilan de ce que j’aurai aimé savoir avant.
  • Comment savoir si ma relation est toxique ?
    Lettre à celles et ceux qui se sentent perdu(e)s et qui sont épuisé(e)s. Si t’es ici, c’est que tu te poses des questions sur les limites dans une relation, ce qui est censé être “normal” ou pas. Le terme de “relation toxique” est tellement répandue, qu’on pourrait mettre tout et n’importe quoi dedans en ignorant facilement la véritable définition.
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    La connexion avec mon guide spirituel : Mon premier essai à tout de suite était concluant : Je me positionne, je ferme les yeux, je dis la phrase à voix haute et je tends mes bras vers les livres. Je choisis totalement au hasard…
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